Vouloir moderniser un instrument, comme le oud, n’est pas un exercice facile. Beaucoup s’y sont risqué à grands coups de beats électroniques ou de sons saturés mais le résultat est rarement convainquant. Mais les deux complices, Jean-Pierre Smadja dit « Smadj » et Mehdi Haddab ne manquent pas de talent. Ils l’ont prouvé, chacun de leur côté, lors de leurs précédentes expériences. Né en Tunisie, installé en France depuis qu’il est enfant, Jean-Pierre Smadja a toujours été passionné par la réunion et la fusion des musiques. Après cinq ans d’études dans une école de jazz parisienne, il commence à jouer dans les clubs. Il devient ingénieur du son, monte un studio et travaille avec différents musiciens dans des styles très divers. Alors qu'à Paris les scènes dance music se font plus présentes, Smadj commence à expérimenter la fusion de différents sons et styles. Il mélange le jazz, la musique orientale, latine, et les beats dance. En 1997, il commence à se produire sur les scènes électro. Mehdi Haddab est né en Algérie. Il a vécu au Burundi, en Centre Afrique, avant de s'installer à Paris où il développera son style et son propre son. Il est à l'origine de la création du trio Ekova. C'est finalement, ce parcours riche qui leur permet de combiner avec une grande subtilité la vibration classique du oud, l’improvisation du jazz et la rigueur rythmique de la scène électronique la plus exigeante. Les deux compères qui alternent "classiques" arabes et compositions personnelles ont convié sur leur album « Wild Serenade » sorti en 2002, quelques collègues à partager leur joie, Vincent Segal, Cyril Atef, Pierre Fruchard, Thomas Ostrowiescki et l'admirable violoniste turc, Nedim Nalbantolu. Duoud a donc gagné, son pari. Ces entremetteurs sensibles et subtils sont parvenus à transformer en noces d’amour ce qui n’aurait pu être qu’un mariage forcé.